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Le Vall de Laguar est une municipalité située dans l’aire montagneuse de l’intérieur de la Marina Alta, au nord de la province d’Alicante, avec une surface approximative de 23 kms2. Sa population, d’après l’INE 2013, comptait avec 942 habitants, ayant le valencien comme langue officielle.

Traditionnellement l’agriculture était la base de l’économie mais actuellement elle est restée reléguée au second plan puisque la majorité de la population travaille dans différentes localités et elle essaie de s’orienter vers l’offre de tourisme d’intérieur. Les cultures toujours existantes sont principalement d’un terrain non irrigué, fondamentalement des oliviers, des amandiers et des cerisiers.

Situé à une moyenne de 500 mètres d’altitude, le Vall de Laguar s’élève entre deux sierras qui conforment cette belle vallée. D’un côté se trouve le Barranco del Infierno (Ravin de l’Enfer), une merveille naturelle, formée par le fleuve Girona, qui sépare la Sierra de la Carrasca ou de Ebo de la Sierra del Migdia et traverse toute la vallée jusqu’à arriver au réservoir d’Isbert. De l’autre côté, la Sierra du Cavall Verd ou Sierra du Penyó, avec multitude de fontaines et de sources.

Le Vall de Laguar est formé par les villages de Benimaurell (Pueblo Alto), Campell (Pueblo Bajo), Fleix (Pueblo de Enmedio, où se trouve la Mairie) et Fontilles. Tous ces villages constituent une seule une municipalité.

Le climat du Vall de Laguar, toujours en étant un climat méditerranéen, diffère remarquablement à l’égard du celui des contrées situées plus au sud. Sa situation géographique et la configuration de son relief déterminent une plus grande douceur des températures et une plus grande intensité pluviométrique.

Les températures du Vall de Laguar sont en moyenne entre celles du littoral et celles de l’intérieur. La température moyenne annuelle est de 17,5 C°, face aux 18 C° et 19 C° de Dénia et Jávea. La température moyenne hivernale a une moyenne de 11,7 C° et la moyenne estivale atteint 25 C°, bien que dans les dernières années les températures maximales atteintes au mois d’août atteignent les 30 C°.



Histoire

Lorsque Jacques Ier le Conquérant a décidé, aux environs du XIIIe siècle, de récupérer le territoire que les musulmans avaient pris aux Wisigoths durant le premier quart du VIIIe siècle, les musulmans étaient déjà fermement établis en grande partie de la Péninsule et, comme c’est logique, ils n’allaient pas abandonner facilement leurs biens et territoires aux exigences des envahisseurs chrétiens.

Après la conquête, les meilleures terres agricoles ont été affectés à des chrétiens et laissé aux mudéjars (musulmans qui ont été autorisés à cohabiter avec les chrétiens, aussi appelés, dans la région de Valence, Sarrasins), de nouvelles terres pour les travailler et y vivre. Beaucoup de ces terres étaient dans lieux abruptes et escarpés, difficilement accessibles et avec les sols moins fertiles.

Un des spectacles étonnants sur des terres allouées aux Mudéjars nous pouvons la trouver actuellement, dans la municipalité de Vall de Laguar, et dont les villages constituants sont Benimaurell, Fleix, Campell et Fontilles.

Dans le lieu nous trouvons plus de 6000 marches construites par les musulmans, possiblement durant la période mudéjar et connues sous le nom de “Les marches mauresques de Vall de Laguar“, dont les échelons se trouvent autour du Ravin de l’Infern, ainsi que dans d’autres ravins des environs, pour arriver aux champs agricoles situés dans les extrémités opposées. Un sentier de randonnée, labellisé PR-CV 147 et nommé “La Catedral del Senderismo” se trouve dans les étapes mentionnées ci-dessus construites par les Arabes depuis plus de cinq cents ans.

Mais la coexistence entre musulmans et chrétiens avait les jours comptés. En 1502, les Rois Catholiques publièrent la pragmatique conversion forcée, selon laquelle tous les musulmans dans la couronne de Castille devaient choisir entre l’expulsion ou la conversion au christianisme. Charles I le César a décrété la même chose pour la couronne d’Aragon en 1525. Ce fut alors que la coexistence entre les vieux chrétiens et les Maures (musulmans convertis au christianisme) a commencé. Il n’avait pas encore passé un siècle quand, en 1609, Felipe III a décrété l’expulsion des Maures, qui a été réalisée entre cette année et 1613.

De nombreux morisques rebellés, qui ont refusé de quitter leur terre natale, sont devenus forts dans différentes points de la péninsule, mais ont été vaincus les uns après les autres. Dans les coins escarpés de Vall de Laguar, se sont réfugiés les derniers morisques soulevés du Royaume de Valence, qui ont été vaincus, finalement, en novembre 1609 dans la sierra du Cavall Verd. Ceux qui n’ont pas été massacrés ont été conduits par bateau, à différents points du nord de l’Afrique, où ils ont été reçus comme des étrangers.

Le Vall de Laguar a été le dernier réduit du soulèvement des morisques valenciens. En novembre 1609, devant leur faiblesse, ils se sont rendus et ont été expulsés et conduits au nord de l’Afrique.

Plus tard, la Vall de Laguar fut repeuplée en 1611, avec les agriculteurs majorquins descendants des anciens colons catalans. Mais de nombreux domaines ont été abandonnés et l’évolution démographiques a été gravement touchée, car le royaume de Valence a perdu environ un tiers de sa population. Ces événements ont marqué une étape importante dans l’histoire et, bien que les Maures ont été expulsés, dans la péninsule perdure une partie de leurs coutumes, leurs procédures de construction et même certains de leurs mots,comme sans aller plus loin, Laguar dérive de Al-Aghwar, à savoir “las cuevas” (les grottes).

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Entre la réalité et la fiction existe la légende selon laquelle, au XVe siècle a habité ces vallées une étrange femme, Ezme, qui a appartenu aux derniers représentants de la culture moresque, après avoir habité cette terre durant plus de sept siècles et après l’avoir aimée et respectée, elle a été obligée à abandonner.

Ezme a récupéré de la mémoire une vieille prophétie, selon laquelle un fantastique cheval vert sauverait son peuple dans les futurs temps durs. La sorcière moresque a trouvé l’image libératrice découpée sur l’horizon de la vallée : dans sa silhouette elle a vu la selle du cheval insinuée entre les deux pointes et l’énorme échine couverte de verdure de la sierra.

La prophétie ne s’est pas accomplie mais la silhouette maintient vivant le souvenir de ceux qui se sont reclus dans son sommet en réunissant ses dernières espoirs de partir à califourchon d’un cheval imaginaire qui n’est jamais arrivé.