Josep Tomàs García, natif de Pedreguer, plus connu sous le nom de Pep de la Tona est un fameux bandolero qui a participé, lors de la deuxième moitié du XIXe siècle dans des dizaines d’actes de banditisme, entre ceux-ci la séquestration d’une femme riche d’Ondara avec d’autres bandits impliqués de la Safor, du Real de Gandia et de la Font d’en Carròs, se trouvaient tous recherchés par les forces de l’ordre.

Ses victimes étaient toujours des grands propriétaires fonciers, des familles accommodées et riches.
Pep de la Tona et sa bande de bandits, restent dans la mémoire de la population de la Marina Alta à cause du vol de Benimassot

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Le village de Benimassot a été il y a longtemps l’un des territoires les plus riches de la vallée. Tant que l’église de la Purísima Concepción, dont les fêtes étaient célébrées le 8 septembre, se décorait avec de la poussière d’or, comme rappellent les pages écrites par l’association culturelle Alicante Vivo. La renommée du lieu a voyagé très loin, jusqu’à ce qu’un jour fut perpétré l’un des vols les plus particuliers qui a été connu dans la région.

Le dimanche 22 février de 1874, une équipe de trente-quatre bandits, dirigés par Pep de la Tona, arriva à Benimassot, village qui comptait alors 276 habitants, afin d’assaillir les plus riches du village tandis qu’ils assistaient à la messe des six heures du matin.

Les trente quatre bandits qui plus tard on les a nommés “la compagnie de ravisseurs de la Marina” ont encerclé la ville et sont entrés dans l’église, où les habitants participaient à la messe. Pep de la Tona, un cigare à la main, et après avoir pris une liste de sa poche, a ordonné le silence a commencé à nommer un à un les 9 habitants les plus riches du village.

Les personnes mentionnées étaient conduites par deux sujets armés à leurs respectives maisons, et là on leur dépouillait de tout l’argent qu’ils possédaient. Le butin total fut de 53.000-55.000 reales, qui équivaudraient de nos jours à environ 660.000 euros.




Après avoir achevé la spoliation, les victimes ont été conduites à nouveau à l’intérieur de l’église, où les bandits les ont avertis qu’ils y devaient rester pendant deux heures, sinon ils allaient subir un grave danger. Les gens pleurent leur désespoir à l’intérieur de l’église, changée maintenant en prison. Ils feront sonner les cloches jusqu’à ce que des villages voisins arriveront des gens étonnées d’entendre le long sons des cloches. Pendant ce temps, les voleurs sont tranquillement partis. Le vol s’est produit sans qu’une seule goutte de sang ait été répandue. Le vol et la séquestration a été perpétrée “d’une manière noble, sans aucune violence”, indique l’historien Arcos.

Jamais avait eu lieu un assaut si audacieux et singulier dans la région valencienne ce qui à marqué la mémoire de grands et petits, en la transmettant oralement de génération en génération, jusqu’au point que cette histoire s’était convertie en légende. L’historien d’Oliva, Manel Arcos, s’est documenté pendant 7 ans, en faisant la lumière sur la vrai histoire du vol de Benimassot et de ses protagonistes.

La majorité des bandits procédaient de la Marina Alta, région qui englobe Sagra, Sanet i els Negrals, el Ràfol d’Almúnia, Orba, Tormos, Beniarbeig, Tàrbena et Castell de Castells.

Les voleurs entreprennent le chemin de fuite par le ravin de Malafí, depuis le Vall de Seta vers la Marina Alta. C’est à Benimeli qu’ils se repartissent le butin et ensuite chacun se dirige vers son village. Malgré le fait que le butin est très considérable, les premières différences surgissent. Tout finit mal, et les bandits sont retrouvés morts avec de décharges dans le corps. Le rocher des Lladres (lladres=voleurs en valencien) dans le même ravin, où ont été trouvées des monnaies d’or égarées par les bandits, est le toponyme qui rappelle la fuite.

Pep de la Tona aidé par son entourage des notables

L’un des plus grands apports du livre de Manel Arcos consiste en ce qu’il révèle l’existence d’une “société importante clandestine” qui s’appuyait à l’équipe de “roders” ou des bandits de Josep de la Tona. Cette société, l’équivalent d’une mafia, leur prêtait un appui logistique, juridique, économique.
Le réseau secret était formé par des maires, des secrétaires de conseils municipaux, des gardes ruraux, le notaire d’Ondara, Blai Frasquet, naturel à Rafelcofer, des avocats, des propriétaires fonciers et même des juges.

Un autre personnage avec une présence remarquable est le maire de Benimeli et cousin de Josep de la Tona qui agissait comme prête-nom.

La main droite de Josep de la Tona a été l’avocat Miquel Durà, de Jalón, qui vivait dans Dénia apparenté à une riche famille de la localité. L’historien Arcos remarque que toute la trame était intouchable parce qu’elle était protégée. À ce qu’il semble, c’est dans la maison de la Tía Xima, belle-mère de Joan Garcia, maire de l’époque de Benimeli, et cousin de Josep de la Tona, qui a servi pour cacher l’argent des “robatori de Benimassot”. Il était aussi impliqué un ex maire de Sagra, des secrétaires des conseils municipaux de Sanet i els Negrals et Sagra et des gardes municipaux de Pedreguer et de Sanet i els Negrals, entre autres.




Toute une série d’emprisonnements, de morts dans des circonstances étranges, des fortunes apparues de rien, etc.., marqueront les années postérieures à cet événement. Un an après le vol, le 5 mai 1875, Pep de la Tona chevauche par le Vall de Gallinera en se dirigeant vers la mer d’Olive, mais il est abattu aux tirs quand il se dispose à embarquer dans la direction de l’Algérie. Un compagnon l’a trahi en révélant aux forces de sécurité le lieu dans celui qui se trouvait en échange du pardon et de sauver sa vie.

Finalement, Josep de la Tona est le seul bandit à qui on a dédié une rue dans la Comunitat Valencienne, et celle ci se trouve à Pedreguer.

Aujourd’hui, plus d’un siècle après, un silence imposé continue d’être en vigueur. Des familles de quelques villages de la Marina Alta conservent un bon patrimoine de ce vol.[/fusion_text]