Construction des tours jumelles de 33 étages - Calpe

Recréation virtuelle des deux tours.

Rien ne s’oppose désormais à la construction de l’un des projets d’aménagement urbain les plus controversés de ces derniers temps à Calp. Une sentence de la Haute Cour de Justice à laquelle ce journal a eu accès entérine un autre grand géant qui pour la énième fois modifiera la silhouette de la ville, le fameux hôtel des tours jumelles de 33 étages projeté par AR Hotels à côté de la précieuse zone humide des Salines.

C’est la Generalitat elle-même, par le biais du Ministère Régional du Logement, qui avait fait appel de la licence qui, en décembre 2017, avait été accordée à cet hôtel par l’exécutif du PP alors que la conseillère en urbanisme était l’actuelle maire, Ana Sala. Toutefois, une première sentence émise par un tribunal des contentieux de Valence a donné raison au consistoire et à la société Sol de Calpe, propriétaire des hôtels Ar, ce qui a conduit l’administration régionale à faire appel auprès du TSJ, mais sans succès non plus : cette haute juridiction a maintenant rejeté l’appel de la Generalitat et a confirmé la sentence précédente. Les tours jumelles ont les coudées franches.

Un éternel débat sur l’urbanisme.

Le grand problème de cette bataille judiciaire entre la mairie de Calp et la Generalitat est peut-être qu’ils n’ont pas approfondi la politique d’urbanisme que les gouvernements PP successifs ont promu à Calp et qui a permis la construction de macro-hôtels.

En ce sens, ce que la Generalitat a soutenu devant les tribunaux est que l’hôtel n’était pas conforme au Plan Général de la municipalité, puisque l’accord d’interprétation de 2008 sur celui-ci, qui prévoyait que les éléments communs et le service étaient exemptés lors du calcul de la constructibilité de ces tours, était nul et non avenu et donc la concession d’une licence en vertu de cet accord, aussi ; Mais le TSJ -comme devant le tribunal de Valence- rappelle qu’au contraire le permis est conforme à la planification et que cet accord de 2008 est pleinement applicable puisqu’il n’a pas été contesté à l’époque.

C’est ce que l’on appelle à Calp le  » barra libre » (pas de restrictions ou de limites) pour les établissements hôteliers, un sujet dont on a beaucoup parlé lors de la précédente législature. Ensuite, Compromís a opté pour une ligne différente de celle suivie dans ce processus judiciaire par les avocats de la Generalitat : il a considéré que ce qui devait être modifié était la manière de calculer la constructibilité dans les hôtels, considérant qu' » il n’est pas raisonnable ni conforme à la loi de considérer comme élément commun et de service dans les hôtels tout ce qui n’est pas une chambre, permettant ainsi de construire des bâtiments beaucoup plus grands « . Dans le cas de ces tours jumelles, plus de 34 000 mètres carrés entre les deux ».

Et que les valenciens ont diffusé début 2018 un rapport dans lequel on assurait que les tours jumelles traînaient un volume excédentaire de 22 000 mètres carrés (de ces 34 000 précédemment mentionnés) parce qu’on lui avait permis ce bar gratuit en le cataloguant comme un hôtel alors qu’en réalité c’est bien plus : aussi un complexe immobilier avec des salles de congrès, des restaurants, des SPA ou des bibliothèques, dont les espaces communs n’ajoutent pas  a sa constructibilité.

Tout cela n’était pas nouveau. Déjà avant et pour les mêmes raisons, la coalition a détecté dans le célèbre hôtel Suitopía un volume excédentaire de 13 000 mètres carrés, comme elle l’avait dénoncé en septembre 2017. En fait, c’est à cette époque que Compromís a plaidé pour que les erreurs de la Suitopía ne soient pas répétées dans les tours jumelles. Et avant que la licence ne soit accordée à ce dernier hôtel, elle a plaidé pour que le gouvernement local tente de modifier la réglementation en demandant une réunion avec Ana Sala, conseillère en urbanisme. Cependant, Sala, dit la coalition, n’a jamais accepté cette rencontre. Et la licence pour les tours a été accordée.

Que se passe-t-il maintenant ?

L’actuelle mairesse de Calp n’est pas étrangère au fait que, dans une zone à l’équilibre environnemental aussi fragile que celle des Salines, cet hôtel de deux tours de 33 étages pourra bénéficier d’autant de terrains constructibles. Parce qu’en plus de l’absence de limites, le bâtiment que va construire Sol de Calpe se base sur une autre décision controversée également lorsqu’elle était en charge de l’Urbanisme : la liberté absolue des hauteurs dans le Saladar, le plan auquel appartient ce futur hôtel.

Aujourd’hui et au niveau politique, la décision est une patate chaude pour l’actuel conseiller en Urbanisme et successeur de Sala, le porte-parole de Ciudadanos Juan Manuel del Pino, qui avait toujours abjuré cet urbanisme expansif et parié sur la composition d’une silhouette de Calp. Il est évident qu’avec ce projet, il ne peut plus rien faire, mais il reste à voir ce qu’il fera avec d’autres à l’avenir après ces décisions de justice. Quoi qu’il en soit, toutes ces questions n’ont pas ébranlé l’alliance entre le PP et les Cs dans l’actuel cabinet de Calpe.

Enfin, l’arrêt du TSJ intervient à un moment curieux : alors que Mme Salas lutte contre l’expansion de la ferme piscicole pour des raisons environnementales, en raison de son grand impact sur la côte de Calp. Les forces politiques de l’opposition avaient toujours rejeté pour la même raison les méga-hôtels comme celui-ci qui paradoxalement ont été encouragés par la mairesse et son équipe depuis la précédente législature.

Source : lamarinaplaza.com